Armes et munitions

 

 ARMES ET MUNITIONS

 QUELS CHOIX POUR QUELS USAGES ?

             Balles , ogives , calibres et efficacité

            La balle est le projectile porteur d’énergie. Son but est donc de  céder son énergie (produit de la moitié de la masse par le carré de  la vitesse) à l’animal par déformation, perforation et surtout dilacération des tissus.

            A la fin du XIXe siècle, les militaires inventèrent des balles de calibre raisonnable et chemisées, par opposition aux énormes balles en plomb de 10 à 13 mm, précédemment utilisées. Les chasseurs voulant également profiter de ces nouvelles performances, furent très vite déçus par ces munitions militaires  dont le chemisage recouvrait la totalité du projectile, sans possibilités de déformation, donc sans blessures suffisantes.

            Les Anglais, qui occupaient l’Inde utilisaient un nouveau calibre 7,6mm : le 303 British. Devant le peu d’efficacité de ces munitions  sur leurs ennemis, ils demandèrent à l’arsenal Indien de Dum-Dum de mettre au point une balle expansive par suppression de la pointe du blindage, permettant ainsi au plomb qui formait l’âme de la balle, de se déformer à l’impact. Les blessures infligées à leurs ennemis étaient atroces. Même si ces balles devinrent rapidement  interdites, pour tout usage militaire, par la convention de La-Haye, la balle demi-blindée était née !

            Les divers fabricants de munitions de chasse, principalement  Allemands et Anglais, recherchèrent de nombreuses solutions facilitant ou régularisant la déformation du projectile, afin d’en augmenter l’efficacité sur le gibier tiré. Toutes les munitions pour  armes rayées, autorisées en France et généralement en Europe sont du type  » Demi-Blindées « . Les balles blindées sont réservées au tir de certains gibiers africains : éléphants, rhinocéros et buffles dans certains cas précis.

            Les balles du commerce vont du diamètre 5,5 mm (220 millièmes de pouce) au calibre 11,43 (500 millièmes de pouce) ; les calibres 577, 600 et 700 étant devenus anecdotiques. Pour faire simple, nous pouvons dire qu’une balle est composée d’un noyau de plomb entouré d’une chemise réalisée dans un alliage cuivreux (80 à 90% et 10 à 20% de zinc) Les Germaniques, notamment  RWS, ont toujours beaucoup aimé les chemisages en acier doux nickelé  (TIG et TUG). Depuis quelques années, une nouvelle famille d’ogives a vu le jour. Il s’agit des projectiles monométalliques, généralement usinés dans  un alliage de cuivre ou de laiton et se déformant par pression hydrodynamique autour d’un axe (FIP) ou d’une cavité (Barnes et GPA).

            Les calibres modernes à haute vitesse (plus de 850 m/sec.) ont posé certains problèmes aux fabricants, car de nombreux projectiles traditionnels  » explosaient en surface « , et, perdant de leur masse, n’avaient plus assez d’énergie pour travailler en profondeur  et traverser l’animal. De nouvelles techniques dans la fabrication des balles de chasse permirent de pallier ces inconvénients, en conservant un maximum de poids pendant la déformation. On peut citer :

            *Noyaux soudés à la chemise.

            *Noyaux sertis par pincement de la chemise.

            *Ogives ayant une séparation en deux noyaux : l’avant se déformant et  l’arrière restant intact.

            *Ogives à deux noyaux de forme et de dureté différentes.

            *Ogives monolithiques et monométalliques pétalisant avec ou sans  rupture des pétales.

            Tous les 6 mois, un nouveau projectile arrive sur le marché ! Le nombre de balles est si important désormais que le choix est devenu difficile.

            Ce choix dépend de quatre paramètres :

            *Le mode de chasse : battue ou approche et affût.

            *Le calibre employé.

            *Les animaux recherchés

            *Le biotope et les distances de tir.

            Essayons de classifier les projectiles à utiliser selon les divers cas de figure en excluant la chasse Africaine qui pose d’autres problèmes spécifiques. Bien évidemment, plus que le bureau  d’études, les expériences en vraie grandeur et les rapports de tirs  sont primordiaux. Même si cela doit choquer quelques grincheux ayant  eu, sûrement par chance, certains résultats  » hors normes « , il nous faudra bien tirer une conclusion qui s’avèrera conforme à 90%  des cas.

            Le mode de chasse

            La battue

            On peut sans risquer de se tromper, affirmer que la chasse en battue, où les tirs se font très souvent à moins de 50 m, sur des  animaux en pleine course, nécessitera des calibres allant du 7,6mm (300) au 9,3 mm. Dans ces calibres, il y a lieu de choisir des poids  de balles assez élevés, donc moins sensibles aux éléments extérieurs : 11,7 g à 13g en 300, 12,7 g à 13 g en 8×57 JRS, 15g à 19g en 9,3 mm. Pour cette chasse en battue, les ogives pourront être relativement molles ou à grande déformation de façon à provoquer une blessure  importante tendant à compenser l’imprécision du tir. On peut citer  les balles de type : TM, Vulkan, Dual Core à pointe plastique, SP, KS, ONE, FIP, TIG. La TUG en 9,3 ayant été conçue pour les gros  animaux africains est un peu  » dure  » pour les gibiers Français.

            L’approche et l’affût

            Les calibres sont beaucoup plus variés car c’est le mode de chasse le plus pratiqué dans tous les pays du monde, autres que la France , la Belgique et l’Espagne. Pour l’Europe les calibres vont du 5,5mm (22-250) au 8,2 (8x68S), en passant par l’indémodable 7×64 si cher aux chasseurs de l’Est. Dans ce mode de chasse, les tirs  s’effectuent sur des animaux généralement arrêtés. Des poids de balles assez légers peuvent être employés favorisant ainsi la  vitesse, donc la balistique externe. Les balles sont généralement  bien placées et l’on peut donc utiliser des ogives dont la structure va permettre une très bonne pénétration avec une sortie facilitant la suite au sang. Dans ce genre on notera en particulier : TIG, TUG, ORYX, NOSLER PARTITION, TROPHY BONDED, BARNES, CDP, GPA, CDPEVO, SILVERTIP,…

            Le calibre

            Ces dernières années ont vu arriver sur marché de l’arme destinée la chasse en battue des hérésies dont la base n’est autre que la boulimie de marketing de grands groupes internationaux : Le 270  WSM, s’il est incontestablement un merveilleux calibre d’approche ou d’affût, s’avère trop léger et trop rapide pour le tir dans un milieu touffu de gros sangliers ou autres cerfs et biches. Encore  une autre anomalie : le calibre 300 Win Mag, initialement créé aux  USA où la chasse en battue n’existe pas, a besoin d’un canon de 65 cm pour atteindre ses performances réelles. Certains  fabricant, avec des canons de 50 cm, voire moins…, ramènent les performances de ce merveilleux calibre à celles d’un 7×64, voire moins, compte tenu de la combustion incomplète de la poudre et de la perte conséquente de vitesse.

            L’expérience et la sagesse permettent, pour la battue, de privilégier les calibres 30R Blaser, 8x57JRS (limite basse de puissance), 9,3×62  ou 9,3x74R. Les calibres 280 et 7×64 très proches l’un de l’autre sont parfaitement efficaces sur les chevreuils et les sangliers  petits et moyens. Même s’il est vrai que l’on connaît tous l’homme qui a terrassé un  » cochon  » à 150m avec une 280 !!!….A la chasse  aussi, la chance existe !

           Un peu de mathématiques

            Il y a lieu de distinguer l’énergie cinétique  » mathématique «   (1/2mv2), de l’énergie  » efficace « . A énergie cinétique égale, il faudra, pour la battue, privilégier le plus gros des deux calibres et pour l’approche ou l’affût, le plus petit. Exemple : Pour une énergie mathématique de 5000 Joules, on trouve, entre autres, le 300 Weatherby et le 9,3×62. Il est bien certain que pour la battue, le 9,3×62, sera bien plus efficace avec son projectile de 15g à 50m, que le trop rapide 300 Weatherby avec ses 11,7g. A contrario, pour tirer un grand mouflon dans les montagnes cévenoles, mieux vaudra utiliser l’excellent 300 Weatherby.

             Conclusions

            La meilleure balle sera celle avec laquelle l’arme aura été réglée, à l’exclusion de toute autre ; et dans laquelle on a une entière confiance, pour peu que le choix soit  » logique « .

 Essayer de bien placer votre balle même si en battue, cela est parfois difficile. Ne risquez pas des tirs hasardeux sur des animaux qui risquent d’agoniser longuement.

            Pensez que, si nous voulons continuer à chasser malgré nos détracteurs, nous devons privilégier absolument des prélèvements  » propres « , en utilisant calibres et munitions adaptés. Nous devons également bannir de notre vocabulaire :…  » J’essaie, il risque plus que moi…

                                                                  Nicolas RENAULD

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NOUVELLES REGLEMENTATIONS

sur le classement, l’acquisition, la détention et le transport des armes (fiches de la fédération nationale des chasseurs)

Fiches nouvelles règlementations classement, acquisition, détention des armes 

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